Exquises excuses


Corée – Non communication verbale
23 septembre 2010, 15:35
Filed under: corée
Suite à l’engouement général, je reposte un peu depuis la Corée.
Il faut bien avouer, j’ai moins l’esprit aventurier ici et plus la tête à oktoberfester. Mon incapacité totale à assimiler (ou plutôt me plonger dans) la langue n’aide pas, même si l’alphabet Hangul, que je connais à peu près maintenant, est d’une facilité et d’une logique déconcertante. Le gros problème c’est la prononciation, plus simple que le chinois, forcément, et plus ardue que le japonais, forcément aussi. Donc après 4 jours je sais lire approximativement et dire bonjour (pas merci, pas excusez-moi, pas au revoir, notez l’effort).
Outre les considérations linguistiques, les gens que je rencontre ici sont moins… passionnants. Ça reflète peut-être mon état d’esprit, je pense surtout à mon vol Séoul-Paris. Mes hosts CS (finalement je ne dors pas dans la rue) sont quand même pas top, ils sont tout autant américains que ceux que j’ai rencontrés au Japon, sauf qu’ici ils n’ont pas vraiment l’air d’aimer ni leur boulot, ni la culture, ni les locaux. Je comprends pas trop ce qu’ils font là en fait, et entendre quelqu’un se plaindre et parler de la bonne vieille Amérique où c’est bien mieux toute la journée c’est lassant. Je les appelerais americunts si j’étais pas poli. Enfin je bouge quand même, je vois des choses, je mange différent, très épicé et on fait pas mal de chose à la coréenne, l’air de rien.
La vie est très cheap ici, on peut passer la nuit dans un centre thermal pour 3 euros, prendre un bus en retard de 30 min et bondé de coréens à 8 euros le trajet de 4h, et boire des (mauvaises) bières à 1 ou 2 euros. Vivement l’Oktoberfest, la bière sera 2 à 3 fois plus chère mais je l’apprécierai longuement…

Vue vers Séoul depuis une banlieue

Séoul, portrait typique

Un des nombreux palais qui peuplent la ville

Un parc, wahou trop bien. Au moins ils passaient de la musique marrante, pendant un moment, une cover techno de Yann Tiersen, miam.

Au bal, au bal masqué ohé ohé...

Haha, bande d'ignares, vous savez pas ce que ça veut dire hein ! Bah je vous le dirai pas !

Le musée national de Séoul d'où sont tirées les précédentes photos. Architecture pour le moins intéressante.

La Corée a été l'occasion de nombreuses révélations. Par exemple j'ai (finalement) regardé The Rocky Horror Picture Show, et je cherche à présent une excuse pour me déguiser en Dr Frank N Furter lors d'une soirée. C'est mon droit ok ? Je sais pas encore ce que je ferai de ma barbe en mode roi de carreaux...

Un plafond. Quel cliché. Quelle quadrature.

Mention spéciale aux barres technos d'Oldelaf et Mr D

Comme le Japon, la Corée est assez douée pour les langues étrangères.

Oui bonsoir je voudrais un billet histoire de prendre le train vous savez, vous pouvez m'aider, peut-être éventuellement, enfin si c'est pas trop demander... Ah d'accord ça bypass, je savais pas.

Le français aussi a droit à sa part de massacre

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Japon – Dernier jour
15 septembre 2010, 18:21
Filed under: japon

Le retour s’annonce, le Japon s’est consumé lentement mais intensément !

Quelques images, loin d’un bouquet final, en hommage à Sapporo…

Un gros torii en métal, probablement une espèce septentrionale endémique.

Une autre spécificité locale, le têton armé, mais pas pré contraint. Je sens que je vais effacer cette mauvaise blague demain matin...

Kyle et nos bières, à la brasserie Asahi de Sapporo. La fin, 20 minutes de dégustation libre, justifie la visite, gratuite en sus.

Kyle contemple la rivière qui traverse Sapporo. Je sais, j'ai un don pour trouver des titres palpitants pour mes photos.

Sapporo tower

Pour finir, j’aimerais signaler une dernière deux spécificités locales sous estimées. Il s’agit bien entendu :

– Du sandwich aux nouilles

Nourrissant et bien meilleur que certaines autres expériences.

– Ainsi que le célèbre Engrish. Non ‘activities must immediately’ n’est pas juste un morceau de phrase en suspens, c’est le slogan, immuable…



Hokkaidou (北海道) – Hakodate (函館)
12 septembre 2010, 14:35
Filed under: japon
Ya des jours un peu frustrant. Parce qu’on t’a dit que le bus ne coûtait que 300 yen, tu décides de le prendre et de ne pas faire de stop, mais finalement c’était pas 300 mais 2000 yen… Le ferry que tu as voulu prendre pour le côté un peu plus authentique que le train, dont tu t’imaginais arpenter le pont supérieur en contemplant les rives montagneuses, hé bien ce ferry n’a pas de pont supérieur accessible aux passagers, il est tout juste rempli de japonais affalés, que tu entends intensément ronfler malgré la musique dans tes écouteurs intra-auriculaires. Tu arrives à Hakodate, enfin son port, pour constater que le centre ville est à 4km, que tu choisis de parcourir à pied, avec ton sac de 15kg, pour le plaisir de traverser une zone semi industrielle. Enfin arrivé, tu squattes un banc de la gare et une connexion wifi voisine, c’est presque le confort. Mais quand tu consultes tes messages, un hôte hypothétique à Séoul te répond : « Ah bah non je peux pas, ma mère a débarqué pour 3 semaines. Bien du courage, hein, parce qu’il t’en faudra tu sais, ton passage en Corée tombe en plein dans une semaine de vacances nationale, donc ça va être bonbon pour trouver quelqu’un pour t’héberger ! ». Merci. Puis le wifi adoré disparaît, d’un coup, comme pour sonner 18h. Dépité tu pars explorer la ville, avec en tête de grimper sa colline de 300m, qui offre un panorama nocturne réputé magnifique. Sauf que la nuit c’est déjà maintenant, et que la route comme le sentier  sont plongés dans le noir total. Sans lampe de poche, c’est pas facile. Donc va pour la ville, qui est bien charmante. Cafés et terrasses à foison, restaurants californiens et français, gelateria italiennes, tu entends du jazz et du flamenco, les brasseries te vantent les arômes de leurs bières locales tandis que des couples et des groupes d’amis circulent avec toi dans les rues basses, discutant et riant en ce dimanche soir tout doux, empreint de fin d’été. Tu lèves la tète, et au septième étage d’un petit immeuble tu découvres un bar ou juste un appartement mondain où tu rêves de te faufiler pour participer à la fête. Tu te retournes au son d’un orchestre classique et tu l’aperçois tout entier à travers un baie vitrée, donnant une représentation devant quelques riches privilégiés. Eh oui car tous ces lieux t’appellent, mais tu as vidé tes poches un peu plus tôt, en bateau, en bus, en nourriture, et dans ce Japon si moderne, les distributeurs ferment bien tôt. Peu importe, tu avais déjà décidé de vivre cette journée sous le signe de la tribulation, avant même qu’elle commence. Quelque soit la magie qui t’environne, ton destin pour ce soir s’arrête à la gare et son banc, car c’est une nuit sans hôte pour t’héberger, sans guide pour t’introduire dans la fantaisie nocturne de la ville. Une chance, cette gare ne ferme qu’entre 3h30 et 4h30, et les bancs semblent assez confortable pour y dormir.
Mais pourquoi, pourquoi s’entêter à se faire misère, à simuler le dénuement ? C’est évident, tout comme Jésus fils de Dieu le père descendit sur Terre vivre et ressentir comme les hommes, moi petit suisse je veux choir de mon nid doré (et splortch, oui). Oui c’est une fraude, car comme Jésus retrouva sa divinité sans trop tarder, je suis voué à retrouver mon confort et mes jours paisibles, ce n’est qu’une question de temps… Mais l’expérience est véritable.

Hé mais cet endroit me paraît tout à fait décent pour y dormir !



Touhoku (東北) – Akita, Aomori, Shimokita
11 septembre 2010, 13:55
Filed under: japon
Après quelques nuits à la belle étoile et une visite de Kanazawa ratée, pour cause de typhon, je me suis dirigé vers le Nord de l’île d’Honshu le long de la côte, m’arrêtant à Akita (秋田), puis Aomori (青森) avant de rejoindre mon hôte déniché in extremis, habitant sur Shimokita (下北), dernière péninsule avant Hokkaido.

Du parc de feu le chateau d'Akita on voit ça. Hmmm, ça a l'air tout à fait accessible !

Ah bah oui, on peut monter dessus ! 14 étages + un mini chateau d'eau à escalader. C'est bien pratique ces immeubles avec vue sur la ville.

Je n’ai pas passé longtemps à Akita mais j’ai pas l’impression d’avoir manqué beaucoup. Une ville moyenne qui ne m’a pas semblé briller par sa culture ou son histoire. Aomori au contraire, beaucoup plus petite, dégageait un charme certain, et je m’y voyais bien passer quelques soirées, sirotant quelques verres dans ses bars avant de marcher le long de sa jetée paisible qui n’offre que quelques bancs et la vue sur l’océan.

C'est un peu une sorte d'onigiri géant

A Mutsu, à l’entrée de Shimokita, je suis tout proche d’Osorezan (恐山) et la vallée d’Yagen (薬研), qui étaient un peu mes cibles originales dans cette région. Pour les atteindre, je pensais faire du stop et marcher un peu, finalement, la route s’est transformée en piste forestière et j’ai marché 7 km à récolter des toiles d’araignées dans la plus parfaite solitude, au milieu des jeunes bambous et des thuyas. Plus tard, la piste rejoint la route, mais sur ma lancée je continue à pied, et marche encore 6 ou 7 km pour atteindre Osorezan, un des « 3 temples les plus sacrés du Japon ».
Osorezan est en fait traditionnellement l’entrée de l’enfer dans la mythologie japonaise. Quand on voit le paysage sulfureux et mort qui entoure le temple, on comprend tout de suite. L’ambiance et l’odeur rappelle nettement Yellowstone, sans les touristes, et en moins impressionnant, certes.

Kiss me, as you love me, gna gna gna. Et je ne sais pas du tout ce qu'est cette statue.

Ceux d'en bas adoubaient six buddhas assis en boudant.

Un temple, ça faisait longtemps !

Un paysage vraiment unique, à défaut d'être entièrement naturel.

La plage, elle, est 100% naturelle sans colorant ni conservateur, pareil pour l'eau, la toxicité est d'origine.

Yagen est une petite vallée distante de ~20 km d’Osorezan, que j’ai atteinte non pas en marchant, point trop n’en faut, mais en stoppant. Encore une fois, magie japonaise pour le stop : la route est déserte, une voiture passe toutes les 15 minutes, mais bien sûr, dès la 2iè voiture, un lift… Magie…
La vallée est un petit délice à parcourir, le chemin tour à tour longe la rivière, pénètre dans la forêt, et est bordé de quelques rotemburo en libre accès, où on peut voir des vieux japonais tout nus se détendre à 3 mètre de la route. On retournera d’ailleurs le soir avec Alex et son voisin Josh dans un de ces rotemburo, pour y surprendre un couple y faisant des photos très nature… Mais c’est la loi des bains publics en extérieur, tout le monde peut venir. Et on aurait de s’en priver, c’est mythique… En pleine nature, jouxtant la rivière qui sert pour l’occasion de frigidarium. Le pied !

Alex, 22 ans, mention parfaite au JLPT 一級. Il serait capable de vous dire qu'il y a écrit "shimokitahantou (péninsule de Shimokita) mutsushi (municipalité de Mutsu) bienvenue à Shimokita" sur les rondins (alors qu'ils sont derrière lui !!)

Alors on danse… Spéciale dédicace à Josh, qui m’a fait redécouvrir Frauenarzt et Stromae, entre autres délicatesses européennes mondialement connues, au cours d’un samedi ‘pâté’ pour cause de trop mauvais vin le vendredi soir… Pour le remercier, je lui ai envoyé du Gilbert Bécaud, du Souchon, du Sardou, du Marie Laforêt, du Soldat Louis aussi, the top of the pop quoi.


Chuubu (中部)- Inaka (田舎)
6 septembre 2010, 05:56
Filed under: Uncategorized
Il y a des jours où il ne se passe pas grand chose et des jours où il se passe beaucoup de choses. Typiquement aller à la campagne (inaka) et y faire du stop aide à remplir la journée d’imprévus et de conversations en japonais.

ça c'est inaka, des champs de riz, quelques maisons, montagnes, forêts.

J’ai donc récemment :
– Pris un train local vers mon point de départ stop et y ai discuté avec un couple de vieux japonais très choux. Ils m’ont appris entre autres que Takamagahara, les Hautes Plaines Célestes, existe, c’est une montagne, un peu comme le Mont Olympe existe en Grèce. Il y a peut-être même plusieurs Takamagahara, le Japon est complexe en matière de théologie.
– Traversé les Alpes Japonaises, en stop. J’aime bien le dire mais c’est pas aussi impressionnant que ça paraît, ce ne sont que quelques heures de route. Et si les Alpes en question ne dépasse pas les 3000m (ou presque), il y a m’a-t-on dit bien plus à voir et apprécier que ce que j’en ai goûté.

Première vue en arrivant dans la préfecture de Nagano.

Randonnant un peu entre deux lifts, je contemple la vallée dont j'ai gravi le flanc.

– Validé que le stop au Japon, c’est « yasusugiru », trop facile. Avec des temps moyens d’attente dérisoires, des gens qui me voient, continuent leur route, réfléchissent 3 minutes, et prennent la peine de faire demi-tour pour me choper.

Un de mes lifts, au cours d'une pause clope-barrage.

– Parlé avec un vieux paysan d’un fin fond de vallée, qui criait son patois pour mieux me le faire comprendre… Mais si un jour quelqu’un qui me lit en a l’occasion, la route 360 de tsunogawa à shirakawa est excellente. Perdue à flanc de montagne, quasi-monovoie, elle passe par Amotoge, où l’on peut s’arrêter et randonner un peu dans la forêt. Un sentier d’un kilomètre débouche sur une clairière marécageuse complètement improbable et irréelle, l’atmosphère est à mille lieues de tout ce que j’avais vu au Japon. Sans être grandiose ou spectaculaire, c’est juste un endroit inattendu absolument paisible, relaxant.

Le village 'caché', mais plein de touristes, de Shirakawa. Bonne ambiance, chaume de riz et champs de riz jaunes (...)

Shirakawa, deuxième. On peut noter les hiraganas utilisés en lieu et place des traits du visage, très typique.

– Atteint Uchinada, ville plage jouxtant Kanazawa. Sur une recommandation vague (ya des gens qui font de la capoeira et des arts du cirque sur la plage, et ya des bars et des hamacs pour dormir aussi, c’est un endroit cool), je m’y suis dirigé les mains dans les poches, pour trouver le lieu dit directement et constater que c’est cool effectivement. Les bars sont sur la plage, gros son à base de reggaeton brésilien pour commencer, , bolas et staff enflammés un peu plus tard, l’ambiance est encore une fois unique et pas vraiment japonaise pour le coup, mais c’est pas mal non plus ! Ayant suffisamment zoné avec les derniers irréductibles fêtards du dimanche soir, je vais donc aller dormir dans un hamac, si les moustiques me laissent faire.

Ambiance plage classique, des jeunes (de presque 30 ans) viennent pratiquer les arts du cirque. Et ils sont bons, très très bons. Je leur ai expliqué que je jonglais dans ma prime jeunesse avec la plus sincère humilité.



Kanto (関東) – Nikko (日光)
31 août 2010, 14:54
Filed under: japon

Nikko c’est joli, c’est frais, c’est agréable. Ça change de Tokyo, plombée par la chaleur et le monde. Ça change de Kyoto, trop grosse et urbaine pour être appréciée à pied, ses temples gigantesques mais tellement touristiques, noyés dans la ville. Nikko rappelle un peu le sud, avec sa nature folle, et évoque clairement le Japon du coeur, fait de montagnes, rivières et forêts parsemées de temples. Parmi les étapes touristiques d’un voyage au Japon, Nikko arrive facilement dans la tête du peloton.

La veille de ma visite à Nikko, on m’avait fait lever à 7h pour aller voir le marché aux poissons… Je n’ai toujours pas compris pourquoi j’ai laissé faire ça. La solution du bol d’air s’est imposée d’elle-même par la suite.

Voilà la carte postale typique de Nikko, son pont qui relie la ville au quartier des temples. Bien évidemment, c’est une grosse fraude. J’ai fait un détour de mon itinéraire pour le voir avant la tombée de la nuit et je regrette presque. Oh il est joli, certes, mais faut savoir que c’est le seul cliché potable qu’on peut en avoir puisqu’une route moche longe la rivière juste à droite, et qu’un pont moderne moche se tient juste sous les pieds du photographe. Je dois admettre qu’en automne ça doit être vraiment magnifique.

Nikko ressemble aussi à ça. C’est pas un paysage époustouflant, mais j’aime cette photo. Très typique de la ruralité japonaise, montagne forêt rivière bétonnée encore une fois.

Mais j’arrête de râler, on y trouve aussi de ça, des vieilles pierres, des marches au milieu de la forêt pas bétonnée et des temples très authentiques sans être prétentieux comme ailleurs.

Oh un prêtre devant son temple.

Oh une pagode. Ok dans le quartier des temples, certains sont un peu prétentieux. En fait beaucoup le sont puisqu’ils font payer l’entrée, donc je suis pas allé les voir. Il y a sérieusement, comme partout, des choses au moins aussi intéressantes à aller voir et qui en plus ne nécessitent pas qu’on sorte un kopek de sa poche.

Voilà, par exemple ces Jizos. Yen a partout à Nikko, au bord des sentiers, et je les kiffe, tout simplement. Au pied des falaises, le long des routes, surplombant les rivières… C’est une image que j’avais du Japon, et je la retrouve donc je suis content.

Aaaaah ! Un ptit panneau de bois en forme de maison avec des kanjis blancs écrits dessus ! Une autre image que j’avais en tête. Je sais où, entre autres, les créateurs d’Okami sont allés puiser leur inspiration.
L’ambiance forêt plus humidité égal mousses, fougères et verdure sur le sol, sur les murs, sur les arbres me séduit toujours autant. Ça me rappelle un peu Yakushima, en plus mystique et moins mythique, si j’ose le bon (mauvais) mot.

Hors des zones à touristes, tout juste à deux pas, une rivière magnifique s’écoule. L’eau est claire, azur, et cascade entre les rochers sur plusieurs centaines de mètre. Ça donne vraiment envie de s’y baigner ; quoique l’atmosphère soit plus fraîche qu’en ville, il fait quand même pas loin de 30°C et j’ai gambadé toute la journée… Malheureusement j’ai fait le petit joueur et suis resté au sec.

Et qui surveille la rivière ??? Une armée de jizos. Ils sont nombreux et impressionnants, d’ailleurs le nom de ce rivage est lui-même impressionnant, 憾満ガ淵, Kanmangafuchi, l’abysse du regret absolu.

J’avais pris des millions de photos à Nikko, les ombres de la forêt et la luminosité pénible de l’après midi orageuse ont eu raison de mes tentatives.



Tokyo 東京 – Ils sont fous ces japonais
29 août 2010, 18:27
Filed under: japon

J’avais remarqué, et j’en ai eu un nouvel exemple après m’être faufilé au dernier étage d’une tour de Shinjuku où je n’avais bien sûr rien à faire, les japonais essaient d’être polis en anglais mais n’y parviennent pas. Un japonais qui connaît un peu d’anglais essaiera de le mettre en pratique s’il vient à rencontrer et communiquer avec un gaijin (quelque soit son origine bien sûr, tous les gaijins parlent anglais, aucun ne parle japonais, ce sont les hypothèses de base). Seulement ils manquent en général singulièrement de vocabulaire, et utilise de la politesse à la japonaise. Le résultat en est un anglais très directif nuancé par un please bancal en fin de phrase. Exemple, je suis au 29iè étage de la Shinjuku L Tower et un groupe d’employés (au boulot le samedi à 18h) me fait comprendre d’abord en japonais, puis en anglais que je ne dois pas rester là : Get out of this floor please. C’est pas méchant mais ça me perturbe à chaque fois…

J'y suis monté...

Et j'ai vu ça. Puis on m'a dit 'faut pas rester là'.

Bon à part ça. je vais paraître me répéter, mais mon hôte est complètement fou. Il faut bien se rendre compte que la plupart des japonais sont fous. Entrer dans un supermarché ou grand magasin de Tokyo suffit pour que la vérité dans toute sa puissance s’impose.

Mon hôte au 1er plan, une sandale géante au 2nd, accrochée à la porte d'un temple, une pagode en toile de fond. Welcome to Japan.

Je suis présentement (j’étais, au moment de la prise de note) assis dans un de ces grands magasins et il n’y a pas moins de 5 musiques ou émissions sonores différentes dans un rayon de 3 mètre qui m’assaillent les oreilles dans une cacophonie oppressante. Certaines passent en boucle de 10 secondes. Pour ça et pour d’autres raisons, comme Hello Kitty, les japonais sont fous, c’est un fait.

Un article de supermarché typique. On peut y lire "legumier,ere vitaminee", "coupe de fleur avec liquide vial", entre autres joyeusetés...

Mais mon hôte n’est pas même pas japonais. Il a le passeport, il est né ici mais a vécu depuis tout jeune à Hawaii et n’est revenu à Tokyo qu’il y a 8 mois. Il parle japonais, mieux que moi, mais pas assez pour obtenir un vrai boulot. Et surtout il est déjà plus fou que n’importe quel tokyoïte.
C’est pas juste qu’il vit avec ses parents/beaux parents et ne leur parle pas. Pas juste qu’il se promène toujours avec un carnet de note qu’il gribouille constamment, avec un appareil photo avec lequel il mitraille tout autout de lui plus souvent qu’un touriste. Non, le truc le plus fou c’est que c’est un acheteur compulsif.
Il m’a expliqué qu’il avait vécu reclus chez lui les 2 derniers mois, entre autre pour éviter ses accès d’achaïte aigüe. On a passé une après complète à Akihabara, plus une partie de le soirée à s’arrêter dans chaque boutique sans raison, juste pour voir ce qu’il y avait. Et à Akihabara, il y a des centaines de boutiques. Le shopping poussé à l’extrême. Et il ne peut pas sortir d’un magasin sans plusieurs articles inutiles à la main. Si c’est en solde, ça lui arrache le coeur de ne pas saisir l’occasion.

Akihabara, marchandises typiques. J'avoue j'étais pas loin de craquer.

Il a donc maintenant une guimbarde, un mini harmonica, un nouveau téléphone (il a réalisé plus tard que sa carte sim n’était pas compatible avec), des figurines en plastique moches à 50cts, un jimbei (kimono d’été pour homme), une rose en papier, et j’en passe. Il dépense une fortune de façon incontrôlable puis m’explique qu’il ne veut pas sortir boire un coup ou manger parce qu’il est en difficulté économique ces temps-ci (il s’est fait viré il y a peu).
Et donc là j’attends qu’il ait fini de comparer les prix de tous les articles en solde du rayon…

Ville de fou, ville de ouf !

Bien sûr il faut être fou pour vivre à Tokyo et c’est ça qui rend la ville si intéressante. Je l’aime déjà ; autant j’hésitais quant à mon envie de vivre au Japon, autant Tokyo est comme Paris, rien à voir avec le reste du pays, et je m’y vois très bien. Il y a tout, partout, ouvert tout le temps. Ça grouille de monde et d’activité. Mais un kilomètre plus loin, il y a un parc complètement vide et tranquille, à parcourir en amoureux en admirant la skyline.

Les tokyoïtes en mode fourmis/abeilles à Shibuya. On note que le tokyoïte peut aussi être un gaijin, plus souvent qu'on ne l'imagine.

Ebisu, un jardin, une tour, une vue.

Autres points positifs, que je n’attendais pas du tout : le centre de Tokyo est tout à fait pratiquable à vélo. Potentiellement dangereux mais relativement rapide, les secteurs les plus ‘importants’ sont au maximum à une heure de vélo les uns des autres. Aussi, l’air est parfaitement respirable. Le smog apparaît quelques jours par an, me dit-on, en attendant le ciel est clair et mes poumons vont bien. J’aime.

Roppongi, quartier pour riches et gaijin. Ici sa célèbre (?) araignée géante.

Bien sûr, la Tokyo Tower. Bien sûr, quand je visite on coupe les lumières...

Le rainbow bridge, depuis le port de pêche.

Une ruelle à restos improbable au milieu de Shinjuku, business district.

Note : j’ai rajouté des vidéos dans les billets précédents (Kansai et Hanabi)